La chanson immigrée en France

 

Dalida. DR.

Si les influences même de la musique sont universelles, nombreuses sont les figures de notre Panthéon national de la chanson populaire à être d’origine étrangère. Aujourd’hui, les artistes de la « nouvelle scène française » comme Olivia Ruiz ou Mouss et Hakim, n’hésitent plus à revendiquer leur héritage culturel immigré : qu’en est il réellement au sein de notre patrimoine musical ? Si, comme le défend Yves Borowice, la chanson française est par essence un « art de métèques »[1], la présence d’artistes d’origine étrangère y est protéïforme tant au niveau linguistique, historique que médiatique. Nous distinguerons plusieurs catégories : d’une part, les artistes qui reflètent le fait migratoire mais dont l’identité artistique est dissolue dans l’appellation « chanson française » et d’autre part, ceux qui produisent un répertoire de l’exil, créé en France mais ayant un message propre à la diaspora de leur pays d’origine, le plus souvent interprété dans les langues vernaculaires.

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Blaxploitation forever

33 T de Curtis Mayfield

À travers des films comme ceux de Djamel Bensalah (Neuilly sa mère, 2009) ou de Rachid Bouchareb (Hors la loi, 2010), les réalisateurs français d’origine maghrébine développent une parole singulière sur le grand écran. Avec pour ambition d’être grand public, ces nouveaux acteurs du cinéma français offrent une place de choix à la figure du Maghrébin longtemps relégué à des seconds rôles plus ou moins stéréotypés (cf. le cinéma colonial). Pour éclairer ce phénomène à l’aune du cinéma des minorités, je vous propose de revenir sur l’aventure du cinéma noir américain qui a connu son heure de gloire au cours des années 1970.

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Les Russes en France

Nu de Marie Vassiliev

Au cours du XVIIIe siècle, tout russe cultivé et francophile se devait de faire, à l’instar de Pierre le Grand, un séjour à Paris pour découvrir le vaste monde et la bonne société. On retrouve également les dissidents et les anarchistes russes qui trouvent refuge à Paris à la fin des années 1880, bien avant la vague d’émigration blanche. En effet, au début du grand siècle, l’agonie du régime tsariste provoque la deuxième vague d’émigration russe : surnommés les « Russes blancs », aristocrates et intellectuels, souvent juifs, fuient la révolution bolchevique, émigration amplifiée par la guerre civile des années 1920.

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