Concert/débat Les femmes connaissent la chanson

Le 17 novembre 2014

Samedi 6 décembre, au Centre FGO Barbara dans le 18ème arrondissement de Paris, Tactikollectif (en partenariat avec Pangée Network et le Cabaret Sauvage) vous invite à une soirée dédiée au patrimoine artistique de l’immigration, et plus particulièrement aux chanteuses de l’immigration. Au programme  Exposition | Galerie de Portraits / DJ Set | Toukadime / débat Les enjeux patrimoniaux du répertoire de la chanson de l’immigration / concerts « Les femmes connaissent la chanson… » et Cheikha Rabiaa

À partir de 17 heures | Entrée libre

Exposition | Galerie de Portraits

L’exposition vous offre une galerie de portrait non exhaustif des grandes chanteuses de l’exil qui se produisent en France dès les années 1950 jusqu’au tournant des années 1970 dans les grandes salles de spectacle parisiennes, au sein des cabarets orientaux ou tout simplement dans les cafés algériens de l’hexagone. Représentantes de la chanson maghrébine en France, elles sont les pionnières d’une expression artistique en terre d’exil, et portent au sein de leur répertoire les grandes préoccupations des premières générations de femmes immigrées : la nostalgie de la terre natale, la passion et ses déboires, les affres de l’exil…

DJ Set | Toukadime

Toukadime est un projet initié par deux dj’s Krimau et Bachir, qui proposeront une sélection de titres emblématiques de l’immigration maghrébine en France.

 

Les enjeux patrimoniaux du répertoire de la chanson de l’immigration maghrébine en France : l’exemple du 18èmearrondissement de Paris.

18 heures | Forum-débat | Entrée libre

 

Animé par Naïma Yahi, historienne et Salah Amokrane, responsable associatif 

 

En 2008, quand Mouss et Hakim, membres du groupe Zebda, remettent à Noura et Kamel Hamadi, les insignes de chevalier des Arts et des Lettres au nom de la République Française, c’est le symbole d’une transmission culturelle en terre de France qui se dresse, celui d’un héritage fécond, poétique et musical qui ancre dans les mémoires et dans l’Histoire ce répertoire de l’exil. Ces chansons créées, enregistrées et diffusées depuis les bords de Seine résonnent encore dans les coeurs de nombreux Français héritiers de l’immigration maghrébine mais aussi dans le pays d’origine de ces artistes. Ce patrimoine culturel en partage sur les bords de la Méditerranée doit nous interpeller sur notre incapacité à prendre en compte la richesse de ces trajectoires individuelles dans notre mémoire collective.Si l’engouement de la société civile pour cet héritage culturel est réel, l’engagement des institutions culturelles et patrimoniales méritent d’être renforcé; il reste nécessaire de se mobiliser pour la sauvegarde et la valorisation du patrimoine de l’immigration en France. La disparition des grandes figures de la chanson de l’exil nous rappelle l’urgence de collecter la parole des témoins, de réunir les archives et de faire sortir de l’oubli un pan important de cette histoire.Il est temps d’offrir une lecture sensible et culturelle de l’histoire de l’immigration, longtemps cantonnée à une histoire socio-politique et économique. De reconnaître une juste place à ces artistes qui, à travers leur création, nous racontent l’histoire d’un enracinement ancien et fécond et nous livrent un récit inspiré des joies, des peines et des luttes de l’immigration. Pour répondre à ces impératifs, nous organisons un forum–débat autour de ces enjeux patrimoniaux en compagnie des principaux acteurs culturels, institutionnels et associatifs impliqués à la fois dans le territoire du 18e arrondissement, véritable poumon de la création musicale en exil, comme au niveau national, pour conjuguer les réflexions et les efforts en direction d’une meilleure prise en compte et d’une nécessaire valorisation de l’empreinte culturelle de l’immigration en France.

 

Avec Mohamed Ali Allalou, Producteur, Samia Chala, réalisatrice, Meziane Azaïche, directeur du Cabaret Sauvage, Nidam Abdi, consultant et journaliste, Rabah Mezouane, journaliste,Salah Gaoua, artiste et créateur du spectacle « Pose ta valise », Mohamed Ouaddane, coordinateur du Réseau Mémoire Ile-de-France, Danièle Gambino, Directrice adjointe du Centre musical Fleury barbara Goutte d’Or, Elsa Jaquemin, directrice de l’Institut des cultures d’Islam, Saïd Essaidi, PDG de la maison de disque Accord Croisés et du Studio 360 (salle des musiques du monde en construction dans le 18e), Frédéric Callens, CGET (ACSE), Hélène Hatzfeld, Ministère de la Culture, directrice du GIS pratiques interculturelles et institutions patrimoniales, Pascal Cordereix, BNF etRoberto Romero, Vice-président de la région Ile-de-France.

 

20 heures | Concert | Entrée libre

« Les femmes connaissent la chanson… »

Inspiré par le répertoire des chanteuses maghrébines de l’exil, notre concert « Les femmes connaissent la chanson » propose à la nouvelle scène féminine de s’approprier et réinterpréter certaines des plus belles chansons de l’immigration portées par des femmes, en arabe, en kabyle ou en Français.  A travers le destin des pionnières de la chanson maghrébine moderne, ayant connu les affres de l’exil, nos artistes proposerons un voyage musical dans l’imaginaire des femmes immigrées venues s’installer en France tout au long du XXe siècle. Chantant l’amour et ses déboires, l’exil ou la nostalgie du pays natal, ces quelques chansons permettront au plus grand nombre de cerner toutes les couleurs musicales et poétique de ce répertoire, objet de patrimoine et ici de transmission au plus grand nombre. Patrimoine de France, ces chansons imaginées, crées et enregistrées depuis les rives de la scène ont bercé les migrants comme leurs enfants, aujourd’hui français et détenteur de ce trésor musical à offrir en partage. En définitive, il s’agit aussi de rappeler la présence dès la Seconde Guerre mondiale, des femmes maghrébines dans notre pays, qui rejoignent les pionniers de l’immigration arrivés au début du siècle, et illustrent l’installation  durable des familles maghrébine en France. Chronique poétique du quotidien, ces chansons de femme révèlent à tous que « les femmes connaissent la chanson »….

 

Cheikha Rabiaa

La voix légèrement voilée de Cheikha Rabiaa résonne sur fond de complaintes racontant des amours déçues, des illusions perdues et la solitude des âmes sans sœurs. Elle sonne comme un rappel à l’histoire d’un genre de musique au propos parfois sulfureux dont le destin a été tracé sur les sillons des plaines de l’Oranie, dans l’ouest algérien. Car, si le raï aujourd’hui s’est internationalisé, il est redevable à bien des égards, à ces femmes-maîtresses et à ces hommes au verbe vigoureux qui l’ont matricé et façonné en jetant les premières bases thématiques et rythmiques, au début du XXème siècle. Née à Relizane, ville moyenne bâtie sur la plaine oranaise, Cheikha Rabiaa est une digne héritière de ces pères et mères fondateurs du « gharbi ». Ne cédant jamais à une quelconque dérive, elle est restée, comme le dénote le titre d’un de ses meilleurs albums, « telle quelle ». Naturelle, émouvante, talentueuse et forte de son raï qui fait aimer le raï.

Laisser un commentaire