Gertrude et la « Lost generation »

Le 13 avril 2012

Gertrude Stein

Gertrude Stein s’installe à Paris au tournant du XXe siècle, elle pose les bases d’une attraction américaine pour le Paris «cosmopolite», capitale des arts et de la liberté. Chantre de l’avant-garde en peinture comme en littérature, elle marque alors les esprits et les mentalités. Collectionneuse d’art, elle connaît le succès littéraire en 1925 avec «Autobiographie d’Alice B. Toklas », inspirée de sa compagne. Croquée par le peintre Pablo Picasso, égérie et promoteur des Cubistes, la poétesse, écrivain et féministe américaine est le catalyseur de l’audace artistique du Paris de l’entre-deux-guerre. Tenant salon au 27 rue Fleurus à Paris, elle influence ceux qu’elle va baptiser la « Lost Generation » – la Génération perdue : les écrivains Francis Scott Fitzgerald, Ernest Hémingway, ou James Joyce entre autres. L’effervescence du Montmartre des années 20 tranche alors avec l’Amérique conservatrice qui promeut la prohibition, le puritanisme et la domination des WASP. À la quête d’une ouverture sur le monde et de sa diversité, cette génération d’écrivains surdoués souffre du désenchantement d’une Amérique qu’elle considère en déclin pour trouver le souffle d’une modernité féconde de plusieurs chefs-d’œuvre. « Gatsby le Maghifique » de Fitzgerald en 1925 ou le « Paris est une fête » d’Ernest Hémingway publié à titre posthume en 1964, ce dernier mettant en scène sa vie de bohème à Paris dans les années 20. Cette perte de l’Amérique mythique quelque temps avant la crise de 1929 inspire les dernières lignes de Gatsby, épitaphe de la tombe de Fitzgerald : « Car c’est ainsi que nous allons, barques luttant contre un courant qui nous ramène sans cesse vers le passé ». Ébranlée par les soubresauts de la crise et ses conséquences-guerre d’Espagne, Seconde Guerre Mondiale- c’est la fin de la Lost génération, chacun connaissant des fortunes diverses mais ayant à jamais posé les fondements de la littérature américaine contemporaine.

 

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