Mohamed Mazouni, le dandy du yéyé algérien

Le 27 décembre 2011

Né le 4 janvier 1940 à Blida, Mohamed débute sa carrière à la télévision au cours des années soixante et connaît rapidement le succès auprès des plus jeunes en incarnant autant dans son apparence que dans ses textes, le yéyé algérien.

Très loin de la chanson chaabi de ses collègues de l’immigration, il chante autant en Français qu’en Arabe. Les nombreux Algériens qui épousent en exil des Françaises lui inspirent Mon amour il est gentil. Formant un duo de choc avec la chanteuse Meriem Abed, autre grande figure de la chanson algérienne en France, il chante l’amour avec impertinence sur des rythmes orientaux endiablés, alliant provocation et humour : ils enchaînent ses tubes comme Mini Jupe, ou Chérie Madame où Meriem Abed incarne une jeune femme choquée par les avances du chanteur (chanson reprise par Zenzila en 2002).
À l’instar de ses camarades Akli Yahyaten ou Dahmane El Harrachi, l’exil domine son répertoire avec des chansons comme Ouled laghrib (« Les enfants de l’exil »), Mchiti lfranca (« Tu es partie pour la France ») ou Porte de la chapelle chantant l’ambiance des quartiers immigrés.
Il a marqué plusieurs générations d’artistes et reste aujourd’hui dans toutes les mémoires autant pour ses chansons que pour ses frasques. Il a néanmoins usé de la morale en mettant en garde ses compatriotes dilapidant leur quinzaine de l’usine auprès de croqueuses d’homme dans sa chanson Ecoute moi camarade devenue la chanson-phare de l’album Diwan 2 (2006) de Rachid Taha. Il vit aujourd’hui en Algérie.

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